

Merci, Jean-Paul, pour cette généreuse
présentation, et bonjour à tous et à
toutes.
D'entrée de jeu, je veux vous dire à quel
point je suis honoré de me retrouver à cette
tribune. J'ai vraiment été impressionné
par la liste des dirigeants d'entreprises qui m'y ont
précédé ou qui vont m'y suivre. Cela
montre que les Rendez-vous financiers Les Affaires
sont considérés comme une tribune de choix
au sein de notre communauté des affaires. Félicitations
à toi et à ton équipe, Jean-Paul.
Merci pour votre présence.
Cette allocution constitue ma toute première tribune
publique depuis ma nomination en février dernier.
Ce n'est pas un hasard. Même si Transcontinental
est une entreprise nord-américaine, nos racines
profondes sont montréalaises, et nous sommes fiers
d'appartenir à sa communauté d'affaires.
De plus, cette première tribune est organisée
par notre journal Les Affaires. C'est ce qui
s'appelle faire d'une pierre deux coups.
J'en profite pour saluer les membres de la grande famille
Transcontinental qui sont parmi nous aujourd'hui. J'aimerais
tout particulièrement mentionner le fondateur et
président exécutif du conseil, Rémi
Marcoux; Isabelle Marcoux, vice-présidente du conseil
et vice-présidente au développement de la
Société; Natalie Larivière, présidente
de notre secteur des médias; et Benoît Huard,
notre chef de la direction financière.
-- -- --
Ce matin, mon but simple : c'est de vous faire partager
ma passion pour une magnifique entreprise qui reste, même
au Québec, un secret trop bien gardé. Même
quand les gens nous connaissent, ils ne soupçonnent
pas notre envergure géographique ou financière,
ni celle de notre offre de service.
À ce propos, Jean-Paul, je te fais un aveu que
je n'ai jamais osé te faire même en privé.
C'est donc un « scoop » ! Lors
d'un sondage de notoriété effectué
en 2002, 85 % des répondants affirmaient connaître
le journal Les Affaires, ce qui est tout à
ton honneur, mais la moitié d'entre eux pensaient
qu'il appartenait à notre « concurrent
favori ».
J'espère donc vous donner le goût de Transcontinental
en vous faisant découvrir une entreprise différente :
par ses gens, par sa culture et par ses valeurs, par sa
philosophie et son modèle d'affaires, ainsi que
par sa stratégie de croissance. C'est la combinaison
de toutes ces composantes qui sont à la source
de notre succès sur une longue période.
D'où le titre de mon allocution : « La
différence Transcontinental au
coeur de sa réussite ».
-- -- --
Comme une image vaut mille mots, j'ai décidé
de vous en épargner plusieurs milliers en me faisant
accompagner d'un support multimédia.
Ma présentation se divise en quatre grandes parties :
-
Qui nous sommes.
-
Quoi (ce que nous
faisons).
-
Comment nous faisons
les choses.
-
Pourquoi notre nouveau
projet d'entreprise.
Par la suite, comme c'est la tradition à cette
tribune, je répondrai à vos questions.
PARTIE I
Qui ?
Si vous me demandez qui nous sommes, je vous répondrai
spontanément : 15 000 employés,
des milliers de clients et quelque 4000 actionnaires.
Ce sont les trois piliers de notre entreprise. Tout ce
que nous faisons est en fonction de leur intérêt
commun à long terme.
Nos employés
Henry Ford, qui n'était pas un théoricien
ni un rêveur, avait coutume de dire : « Les
deux choses les plus importantes pour une entreprise ne
paraissent pas à son bilan. Il s'agit de ses gens
et de sa réputation. »
C'est là notre conviction profonde. Les meilleures
stratégies ne mènent nulle part sans les
gens pour les réaliser. Nous voulons des employés
motivés, partageant nos valeurs, travaillant en
équipe et capables de s'adapter rapidement aux
nouvelles technologies. Nous formons et encadrons nos
gens en conséquence. Depuis le début de
la décennie, nous les avons mobilisés dans
deux projets d'affaires : Horizon 2005 et
Évolution 2010.
Pour nous, les valeurs sont particulièrement importantes.
Le défi est de s'assurer qu'elles servent de guide
à nos comportements quotidiens partout dans l'entreprise.
Nous prenons des moyens concrets pour y arriver. Par exemple,
au moment de leur évaluation annuelle, nos employés
sont jugés sur le respect de nos valeurs d'entreprise.
Nos gens sont également formés à
notre culture d'amélioration continue. Pour vous
donner une idée, nous avons complété,
depuis 2002, plus de 800 projets d'amélioration
continue, aussi bien du côté des processus
administratifs que du côté de la production.
Chaque fois qu'un atelier Kaizen ou une certification
« 5S » est terminé, cela
donne lieu à une présentation officielle.
Comme Rémi avant moi, j'essaie d'être présent
le plus possible. Les gens sont tellement fiers de présenter
le fruit de leur travail d'équipe ! Ce contact
direct avec les employés contribue à la
réputation de Transcontinental d'entreprise à
dimension humaine.
Toutes nos usines et nos principaux bureaux administratifs
seront certifiés « 5S » d'ici
le début de 2009. C'est un accomplissement dont
je suis très fier.
-- -- --
Par ailleurs, nous encadrons nos employés par
des leaders capables d'enthousiasmer, de développer
le talent autour d'eux, de transmettre la vision de l'entreprise
et d'établir un climat de confiance. À cette
fin, nous avons mis sur pied le programme Mission :
Leadership destiné à nos 1500 principaux
gestionnaires. L'objectif de ce programme de plusieurs
jours est de leur fournir les outils communs nécessaires
pour renforcer notre culture d'amélioration continue
et de responsabilisation des employés. Plus de
85 % d'entre eux l'ont déjà complété.
Des scènes comme celles vous voyez à l'écran,
étendez-les à la quasi-totalité de
nos 15 000 employés qui, depuis 2002,
ont suivi une formation de deux jours sur nos valeurs
et sur l'amélioration continue dans un cadre semblable,
en dehors de leur milieu de travail.
Pour ma part, je communique directement avec nos leaders
à l'aide d'un outil en ligne, Le Courriel du
président. C'est un outil à la fois
de formation et d'information selon les circonstances,
et aussi un outil interactif puisque j'invite nos gestionnaires
à réagir à mes propos par courriel.
Enfin, pour les membres de nos équipes de direction,
nous avons lancé le programme Rétroaction 360.
Il s'agit d'un exercice d'évaluation par lequel
ils reçoivent, de leurs pairs et de membres de
leurs propres équipes, un portrait sans complaisance
de leurs comportements de leaders et des points à
améliorer. J'ai moi-même survécu à
cette « épreuve » !
-- -- --
Voilà donc des exemples concrets de développement
et de mobilisation de nos gens. Transcontinental est une
entreprise qui maximise son potentiel en laissant s'exprimer
le talent de ses employés.
Nos clients
Deuxième pilier : nos clients.
Pour les fins de cette présentation, je m'en tiendrai
à nos grands partenaires nord-américains.
Ce que vous voyez à l'écran est une liste
non rigoureuse et non exhaustive qui ne constitue surtout
pas un jugement de valeur. On vous aime tous et vous êtes
tous importants !
Comme vous le voyez, Transcontinental entretient des
relations d'affaires avec une liste impressionnante d'entreprises :
des grandes chaînes de détaillants, de grands
annonceurs nationaux, des institutions financières,
de grandes entreprises, ainsi que des éditeurs
de journaux, de magazines et de livres. Cette année,
deux noms prestigieux se sont ajoutés : Shoppers
Drug Mart-Pharmaprix et Rogers Communications.
Une fois la relation d'affaires en place, notre objectif
est de couvrir l'ensemble de leurs besoins en produits
et services d'impression et de marketing.
Deux caractéristiques de notre base de clients
atténuent les risques et incertitudes reliés
à nos activités. D'abord, aucun client ne
représente plus de 5 % de nos revenus consolidés.
Par ailleurs, nous sommes moins exposés aux cycles
économiques pour deux raisons : 60 %
de nos revenus proviennent de créneaux moins exposés
aux variations cycliques et 60 % de nos revenus d'impression
font l'objet de contrats de longue durée.
Les clients sont la raison d'être de Transcontinental.
Notre philosophie d'affaires est claire : la meilleure
façon de créer de la valeur pour les actionnaires,
c'est de créer de la valeur pour les clients. Une
entreprise n'a pas toujours besoin d'une grande stratégie
d'affaires ou de plans stratégiques complexes pour
identifier ses pistes de croissance. Il suffit d'écouter
les clients. C'est plus sûr et c'est moins coûteux
que les consultants. Mais on aime bien nos consultants
quand même !
Nos actionnaires
Les actionnaires sont le troisième pilier de l'entreprise.
Transcontinental est une société à
capital ouvert depuis 1984 et nos quelque 80 millions
d'actions en circulation se transigent à la Bourse
de Toronto.
C'est toujours un grand plaisir de recevoir nos actionnaires,
chaque année, dans le cadre de notre assemblée
des actionnaires. C'est un événement que
nous préparons avec grand soin pour en faire de
grandes retrouvailles annuelles et une célébration
de notre succès. Je vous invite d'ailleurs tous
à celle de février prochain.
Nous prenons à coeur l'intérêt de
nos actionnaires. Ainsi, notre dividende est passé
de 6 cents par action en 1997 à 28 cents en
2007. Cette année, nous l'avons augmenté
de 14 %, à 32 cents. En fait, nous avons
augmenté annuellement notre dividende au cours
des sept dernières années. Nous voulons
que nos actionnaires profitent de la croissance de leur
entreprise.
J'aimerais souligner une initiative en cours importante
pour nos actionnaires : Évolution finance.
Ce projet mobilise une centaine de personnes de la fonction
finance à travers l'entreprise. L'objectif est
d'avoir accès en temps réel à l'information
nécessaire pour nous aider à prendre les
meilleures décisions d'affaires. Ce faisant, nous
visons les meilleurs contr³les financiers et les meilleures
procédures de l'industrie. C'est Benoît Huard
qui est le leader de cette initiative.
Transcontinental est également une entreprise
familiale. J'y vois un grand avantage. Selon la plus importante
étude sur le sujet réalisée au Harvard
Business School, les entreprises familiales ont tendance
à avoir une vision à plus long terme. Cette
stabilité permet de bâtir sur du solide et
de créer plus de valeur à long terme pour
les actionnaires.
-- -- --
En guise de conclusion à cette première
partie, je dirais ceci : investir dans Transcontinental,
en être le client ou y travailler signifie être
relié à une entreprise qui place au coeur
de sa pratique quotidienne un ensemble de valeurs et dont
les gens travaillent en équipe pour l'intérêt
commun à long terme de nos trois piliers.
PARTIE II
Quoi ?
Passons maintenant au quoi.

Le rôle principal de Transcontinental est de permettre
à ses clients d'identifier, de rejoindre et de
fidéliser leurs consommateurs cibles. Nous le faisons
en offrant des produits et services d'impression, d'édition
et de marketing, y compris plusieurs nouvelles plateformes
technologiques reliées à Internet qui sont
de plus en plus utilisés dans les programmes marketing
de nos clients.
Dans cette seconde partie, j'aimerais vous donner une
idée de l'envergure de Transcontinental en faisant
un survol éclair de nos actifs et en vous donnant
un aperçu de notre performance financière
des dix dernières années.
A. Survol éclair
En bref, Transcontinental :
1. Premier imprimeur au Canada et le sixième
en Amérique du Nord.
Au Canada, nous sommes le premier imprimeur avec
des revenus annualisés de 1,1 milliard de
dollars, dont 220 millions reliés à des
produits exportés aux États-Unis à
partir de nos installations canadiennes. Nous couvrons
tous les besoins de produits imprimés de nos clients
d'un océan à l'autre. En complémentarité
avec l'imprimé, nous offrons également des
services de bases de données et des services numériques.
Nous réseau compte 43 usines et ateliers.
Aux États-Unis, nous sommes l'un des plus
importants fournisseurs de services intégrés
de marketing direct avec des revenus annualisés
de 365 millions de dollars. Nous comptons en tout
neuf usines, dont huit en marketing direct. Celles-ci
sont situées en Pennsylvanie, en Californie, en
Utah et au Texas.
Au Mexique, nous sommes le premier imprimeur du
pays avec des revenus annualisés de 85 millions
de dollars. Nous avons trois usines. Nous desservons les
grands détaillants par l'impression de circulaires
et de catalogues, ainsi que les éditeurs de livres
et de magazines. C'est un marché en forte croissance.
2. Quatrième
groupe de presse écrite au Canada
Transcontinental forme le quatrième groupe de
presse écrite au Canada. Nous avons pignon sur
rue dans sept provinces. Notre vision est d'offrir aux
annonceurs à la grandeur du pays, l'accès
à des communautés d'intérêt
et à des communautés locales, et ce, dans
les deux langues officielles.
Nous sommes le premier éditeur de magazines destinés
aux consommateurs au Canada. Nos quelque 40 titres,
parmi les plus prestigieux de l'industrie, sont lus chaque
mois par plus de 11 millions de lecteurs à travers
le pays. Ce sont de grandes marques. Le dernier-né
est Vita, le pendant de langue française
de More. Son lancement, à la mi-septembre,
a été un grand succès. Nos revenus
d'édition de magazines représentent environ
215 millions de dollars par année.
Nous sommes également le premier éditeur
de journaux locaux et régionaux dans l'est du pays
avec trois millions de lecteurs par semaine. Notre portefeuille
compte 12 quotidiens, dont Métro à
Montréal, 134 hebdomadaires, bihebdomadaires
ou mensuels, et plusieurs produits spécialisés.
Nous sommes présents dans les quatre provinces
de l'Atlantique, au Québec, dans l'est de l'Ontario
et en Saskatchewan. Nous en tirons de l'édition
de journaux des revenus d'environ 250 millions de
dollars par année.
Par ailleurs, nous nous retrouvons aujourd'hui à
la tête de plus de 120 sites ou portails Internet
qui rejoignent en moyenne plus de quatre millions de visiteurs
uniques par mois à travers le Canada. La plupart
sont des prolongements de nos magazines et de nos journaux,
mais d'autres n'ont pas de déclinaison imprimée.
Ces sites représentent des revenus annuels de plus
de 20 millions de dollars.
Soit dit en passant, notre journal Les Affaires a
été la première publication imprimée
au Canada à intégrer directement la diffusion
vidéo sur Internet à sa version en ligne.
Nous sommes donc des pionniers au Canada en matière
de webdiffusion.
Nous sommes également le leader de la distribution
de porte en porte au Québec avec le Publi-Sac.
Nous desservons près de trois millions de foyers
sur une base hebdomadaire.
À noter enfin que nous sommes le principal éditeur
d'ouvrages pédagogiques de langue française
au Canada depuis l'acquisition de Chenelière Éducation
en 2006, une nouvelle plateforme de croissance pour nous.
-- -- --
En somme, nous pratiquons donc deux grands métiers
en forte évolution : celui d'éditeur
et celui d'imprimeur.
Comme éditeur, nous produisons des contenus qui
se retrouvent dans nos publications et dans nos sites
ou nos portails Internet. Nos clients sont des consommateurs
et les annonceurs, nationaux ou locaux, qui veulent les
rejoindre. Nos activités d'éditeur sont
regroupées au sein de notre secteur des médias
dont les revenus en 2007 ont été de 630
millions de dollars.
Comme imprimeur, nous fournissons deux grands services :
des services de production aux éditeurs de livres,
de magazines et de journaux; et des services d'impression
et de marketing aux détaillants, aux institutions
financières et aux grandes entreprises dans le
but de les aider à identifier, à rejoindre
et à fidéliser leurs consommateurs cibles.
Je dis souvent que notre secteur des médias constitue
un pôle de croissance prioritaire pour Transcontinental.
Vous en voyez l'une des raisons. Bien qu'il ne génère
que 26 % de nos revenus consolidés de 2,3 milliards
de dollars, ce secteur représente 44 % du
bénéfice d'exploitation de la Société.

B. Performance financière supérieure
au cours des dix dernières années.
Ces actifs solides, réputés et bien ancrés
dans leur marché ont permis à Transcontinental
d'être, au cours des dix dernières années,
l'une des entreprises d'impression et d'édition
les plus performantes en Amérique du Nord. L'appréciation
sans précédent du dollar canadien par rapport
à sa contrepartie américaine, au cours des
dernières années, a voilé cette réalité.
Pour vous donner une idée, de 2003 à 2007,
le taux de change a affecté négativement
nos revenus de 181 millions de dollars, notre bénéfice
d'exploitation de 73 millions et notre bénéfice
net par action de 0,57 $. C'est énorme mais,
pour l'essentiel, tout cela devrait maintenant être
derrière nous. Nous avons passé à
travers la tempête encore une fois.
J'aimerais maintenant vous illustrer notre excellente
performance financière des dix dernières
années au moyen de quelques graphiques et tableaux.
1. Graphique « Croissance des revenus »
-
Croissance annuelle composée
des dix dernières années : 9,1 %.
-
Mais de 9,9 % si on exclut
l'effet du taux de change.
-
Croissance annuelle composée
des dix dernières années : 12,2 %.
-
Mais de 14,3 % si on exclut
l'effet du taux de change.
3. Graphique « Fonds générés
par l'exploitation avant amortissement » et
« Dépenses en immobilisations corporelles »
-
Les fonds générés
par l'exploitation sont l'un des meilleurs critères
pour évaluer la solidité d'une entreprise.
Nous sommes une force de ce côté. L'an
dernier, nous avons généré 289
millions de dollars à ce chapitre.
-
Nous investissons constamment dans
notre croissance à moyen et long terme même
si cela peut affecter temporairement nos résultats.
C'est notre philosophie. En conformité avec
notre projet d'affaires Évolution 2010,
nous planifions investir en moyenne 120 millions par
année en immobilisations corporelles, ce qui
est bien au-delà de la moyenne de notre industrie.
-
Cela exclut les projets spéciaux.
Par exemple, en 2008, avec la construction de notre
usine de San Francisco et quelques autres projets,
nos dépenses en immobilisations corporelles
atteindront environ 275 millions de dollars.
Depuis trois ans, nous avons également investi
entre 20 et 25 millions de dollars dans le développement
de nos médias numériques.
4. Tableau : « Croissance 1997-2007 »
(Note : commentaires ad lib des chiffres.)
-- -- --
En terminant cette partie, un petit mot sur notre gestion
financière. Nous privilégions une dette
pas trop élevée et une croissance par étape.
Par exemple, au 31 juillet 2008, notre taux d'endettement
net sur capitalisation totale était de 35 %,
soit dans le bas de la fourchette de 35 à 50 %
fixé par notre projet d'affaires Évolution 2010.
Cette gestion financière disciplinée et
prudente est peut-être moins « glamour »,
mais c'est moins risqué pour nos actionnaires.
Quand on la combine à notre capacité à
générer des fonds d'exploitation, cela nous
fournit la marge de manøuvre nécessaire pour investir
dans notre développement. De plus, dans le contexte
financier actuel, c'est tout un avantage !
PARTIE III
Comment ?
Nous voici rendus au comment, c'est-à-dire ce
qui distingue fondamentalement une entreprise. J'ai déjà
mentionné la mobilisation de nos employés,
notre culture, l'idée de complémentarité
de nos services et notre solidité financière.
J'aimerais maintenant vous parler de notre stratégie
de croissance.
En gros, nous poursuivons une stratégie de créneaux.
Nous visons deux choses : être le meilleur
dans chacun de nos créneaux; et devenir, sur un
horizon de cinq ans, le numéro un ou le numéro
deux dans chacun de nos marchés. Nous avons la
conviction de créer ainsi un environnement gagnant
pour nos actionnaires. À l'international, notre
stratégie est également ciblée :
les États-Unis et le Mexique sont nos marchés
prioritaires. Nous n'avons donc pas d'ambition planétaire.
Voyons ce que cela veut dire pour nos deux grands métiers.
-- -- --
En tant qu'éditeur, notre stratégie
est axée sur des communautés.
Du côté de nos journaux, nous desservons
des communautés locales. Ceux-ci sont bien ancrés
dans leur communauté et y jouent un rôle
social, culturel et économique indispensable. Nous
croyons beaucoup en leur avenir, en complémentarité
avec Internet. Nos journaux locaux et régionaux
constituent un pôle de croissance majeur pour nous.
Du côté de nos magazines et de nos périodiques,
nous desservons des communautés d'intérêt.
Ceux-ci sont donc spécialisés dans un certain
nombre de créneaux.
Par exemple, nos publications d'intérêt
féminin accompagnent les Canadiennes dans toutes
les facettes de leur vie, et ce, dans les deux langues
officielles du pays. C'est un créneau prometteur
pour nous.
Nous poursuivons la même stratégie dans
d'autres créneaux comme « économie
et affaires », « maison et jardinage »
et « sports et loisirs ». (Commentaires
rapides sur les titres apparaissant à l'écran)
Grâce à la force de nos marques et à
la pertinence de nos contenus, nous étendons notre
présence avec grand succès sur Internet.
Nous en avons parlé plus tôt. C'est de cette
combinaison imprimé-numérique que viendra
notre croissance future parce qu'elle répond aux
demandes des consommateurs et aux attentes des annonceurs
qui ont ainsi accès à des communautés
ciblées de grande qualité. C'est notre mission.
En tant qu'imprimeur, nous sommes le premier — et
le meilleur, bien sûr ! — dans nos
créneaux au Canada : circulaires, livres,
journaux, marketing direct, catalogues et magazines, produits
commerciaux et prémédia. Dans chaque créneau,
nous nous démarquons par notre offre globale.
Prenons le cas d'un détaillant dont nous imprimons
les circulaires à travers notre réseau pancanadien.
En amont, nous lui offrons le prémédia,
c'est-à-dire le créatif (photographie, montage,
etc.). En aval : nous offrons des services de distribution
de porte en porte, de circulaire électronique et
d'affichage numérique dans les magasins. Nous offrons
également un éventail de services de marketing
direct, dont l'analyse de bases de données et le
courriel préautorisé (« e-mail
marketing », en anglais). Nous pouvons également
imprimer ses catalogues, son rapport annuel et ses affiches.
Nous pouvons enfin lui offrir de la publicité dans
nos magazines ou dans nos journaux, et nous occuper de
sa publication maison grâce à nos services
d'édition sur mesure.
« Ciblage », « créneau »,
« spécialisation » :
voilà des mots qui définissent notre stratégie
et qui sont au coeur des nouvelles tendances.
-- -- --
Autre dimension à notre stratégie :
nous investissons systématiquement dans nos créneaux
à fort potentiel de croissance. J'ai déjà
mentionné le développement des médias
numériques. Je vous donne deux autres exemples :
le marketing direct et les services aux éditeurs.
Le marketing direct
Le marketing direct répond aux attentes des annonceurs
soucieux de mieux cibler leurs consommateurs afin d'avoir
un meilleur retour sur leur investissement. Cela rejoint
une tendance profonde : la personnalisation publicitaire.
Nous sommes à la tête d'un réseau
d'installations capables de desservir l'Amérique
du Nord.
Nous avons renforcé notre offre par l'acquisition
récente de leaders dans leur marché :
au Canada, l'imprimeur PLM Group et ThinData, une firme
pionnière en e-mail marketing; aux États-Unis,
Rastar, qui offre des services de marketing individualisé.
Les services aux éditeurs
Dans nos services d'impression aux éditeurs, vous
connaissez surtout ce que nous faisons du côté
des quotidiens. Il faut dire que les chiffres ont de quoi
faire la manchette.
En août dernier, par exemple, nous avons annoncé
une prolongation de contrat de 18 ans, jusqu'en 2028,
évaluée à 1,7 milliard de dollars,
avec The Globe and Mail. Nous allons investir
environ 200 millions de dollars dans une plateforme
pancanadienne innovatrice qui imprimera à la fois
des journaux et des circulaires.
En 2009, nous commencerons également à
imprimer le San Francisco Chronicle dans le cadre
d'un contrat de 15 ans évalué à
plus d'un milliard de dollars. L'usine est actuellement
en construction. Il s'agit pour nous d'une percée
majeure aux États-Unis. Propriété
de Hearst Corporation, ce quotidien occupe le premier
rang dans la région de la Baie de San Francisco,
qui est le cinquième marché le plus populeux
aux États-Unis, et a un tirage moyen de plus de
400 000 exemplaires par jour.
Vous voyez à l'écran un extrait vidéo
de l'usine où nous imprimons La Presse.
On se croirait à la NASA ! Chez Transcontinental,
l'impression de journaux a été identifiée
comme l'un de nos segments importants de croissance. Nous
disposons en effet d'un modèle unique d'impartition
taillé sur mesure pour aider les innovateurs et
les consolidateurs qui ont décidé de faire
partie des gagnants dans le contexte actuel de transformation
radicale de l'industrie des quotidiens.
Nous desservons également les éditeurs
de magazines et de livres.
Du côté des magazines, nous sommes le premier
imprimeur au Canada avec l'entrée en vigueur, en
février prochain, du contrat exclusif de six ans
pour l'impression des 70 magazines de Rogers. Ce contrat
de six ans est évalué à environ 40
millions de dollars par année.
Du côté des livres, enfin, nous sommes le
premier non seulement au Canada, mais aussi au Mexique.
Comme pour les magazines, nous desservons les États-Unis
à partir de nos usines canadiennes et nous nous
sommes spécialisés dans les courts et moyens
tirages.
PARTIE IV
Pourquoi
se réinventer ?
Transcontinental est en constante évolution. Ainsi,
notre projet d'affaires Évolution 2010
a identifié les grands enjeux sur lesquels reposent
notre succès futur : le talent, la croissance
interne des ventes, l'efficacité opérationnelle
et le numérique.
Force est d'admettre, cependant, que nous entrons dans
une période de turbulences. La mondialisation,
les changements démographiques, les nouvelles habitudes
des consommateurs, la conscience environnementale et les
nouvelles technologies sont en train de changer radicalement
nos façons de travailler, de nous informer, de
nous divertir et, même, de consommer. Leur effet
combiné a déjà des conséquences
majeures sur les demandes et les attentes de nos clients
et, à mon avis, nous n'en voyons encore que la
pointe de l'iceberg.
La semaine dernière, nous avons tenu notre rencontre
annuelle des dirigeants. Il y avait 200 participants provenant
de l'ensemble de l'entreprise. Nous avons convenu ensemble
que pour poursuivre notre croissance, notre grand objectif,
il nous fallait dès maintenant, à la lumière
de ces nouvelles réalités, se réinventer.
Notre nouveau projet consistera à la fois à
continuer de développer nos activités de
base mais en intensifiant l'ajout de nouveaux services,
en particulier du côté des plateformes numériques.
Nous maximiserons ainsi notre potentiel de croissance.
C'est ce que j'ai appelé notre « combinaison
gagnante ».
En bref, nous resterons un imprimeur hors-pair et le
plus créatif des éditeurs. Mais nous allons
de plus en plus nous définir comme un fournisseur
de solutions marketing sur différentes plateformes
toujours dans le but de remplir notre mission première,
soit d'aider nos clients à rejoindre leurs consommateurs
cibles.
Tel est l'avenir de notre industrie et Transcontinental
sera au rendez-vous.
CONCLUSION
En guise de conclusion, j'aimerais dire un mot sur l'avenir
des industries de l'impression et de l'édition.
Comme la plupart des autres industries, elles sont en
transformation profonde et rapide, mais elles continueront
d'offrir d'excellentes occasions de développement.
Moi je fais partie des optimistes-réalistes.
D'abord, chez Transcontinental, nous avons la bonne stratégie,
le bon modèle d'affaires, la solidité financière
et les leaders pour réussir. De plus, nous n'avons
jamais cessé d'investir dans le développement
de nos produits-services et de nos marques.
Par ailleurs, notre mission est d'aider les annonceurs
à rejoindre les consommateurs. Dans cette optique,
depuis la fin des années 1990, nous avons entrepris
d'élargir notre offre de services pour intégrer
Internet et les nouvelles plateformes de communication.
Nous entendons poursuivre et intensifier cette migration.
En même temps, j'ai la conviction que l'imprimé
demeurera pour longtemps encore la pierre angulaire de
toute stratégie de communication, de vente et de
marketing. Mais en complémentarité avec
les nouveaux médias. Et vice-versa : associés
à l'imprimé, les nouveaux médias
deviennent encore plus performants. Ce sera les deux,
se complétant et travaillant dans le même
sens. C'est ainsi seulement que nous continuerons à
maximiser le rendement de l'investissement marketing de
nos clients.
Comme par le passé, Transcontinental continuera
donc de s'adapter aux nouvelles réalités
de nos clients. Je demeure très optimiste sur le
potentiel de croissance de notre entreprise.
Je vous remercie de votre attention.